Déclaration finale de l'Assemblée Générale des signataires de la Lettre ouverte de masse aux états-majors syndicaux (Douai, 27 septembre 2008)

Publié le par CUFSC


Assemblée Générale des signataires de la

Lettre ouverte de masse aux états-majors syndicaux

(Douai, 27 septembre 2008)

DECLARATION FINALE



Face à la régression sociale sans précédent depuis 1945 menée par le gouvernement Sarkozy sous l'impulsion du MEDEF et de l'Union européenne ;

face à des directions syndicales rassemblées autour de la volonté d'accompagner et de négocier les régressions au lieu de fédérer les luttes sectorielles et d'entreprises pourtant très nombreuses ;

les quelque 80 militants du Nord Pas de Calais issus de la CGT, de la FSU, et du Syndicat Libre de MCA, réunis à Douai ce 27 septembre à partir de la « Lettre ouverte aux états-majors syndicaux » signée à ce jour par plus de 3500 syndicalistes et travailleurs, décident de créer un Comité Régional pour un Front Syndical de Classe, dont l’organisation sera à la fois rigoureuse et souple, et qui publiera un journal, si possible mensuel.


Celui-ci se donne pour objectif de :


- développer les liens entre les militants leurs organisations pour mener la bataille contre le syndicalisme d'accompagnement et les directions qui le portent. Celles-ci, regroupées au sein de la Confédération Européenne des Syndicats (filiale de l'UE) et de la CSI (héritière de la CISL étasunienne et de la CMT vaticane), qui se veulent des rouages du « dialogue entre partenaires sociaux », désarment les travailleurs en diffusant les vieilles thèses de la collaboration de classe et en refusant explicitement de « globaliser les résistances », c’est-à-dire d’internationaliser les luttes . Il est donc indispensable de réinvestir les organisations syndicales et de s'organiser afin de revenir aux fondamentaux du mouvement ouvrier qui ont permis d'arracher les acquis sociaux de 1936, 1945 ou 1968. Il est en particulier nécessaire de partir de la reconnaissance de la lutte de classe et de la nécessité de la mener consciemment.


- favoriser les regroupements et les initiatives unitaires afin de construire démocratiquement et d’urgence une action interpro, « tous ensemble et en même temps » à partir des luttes et des revendications de la base, notamment la hausse des salaires. Il importe, pour gagner contre la casse sociale généralisée, de faire le lien entre toutes les contre-réformes et de travailler concrètement à préparer avec les salariés les conditions de l’affrontement de classe victorieux avec ce pouvoir destructeur, c'est-à-dire l’unité dans l’action des travailleurs et de la jeunesse contre un système capitaliste qui fait une fois de plus de la preuve de sa nocivité en demandant aux peuples de payer la facture des spéculations effrénées des barons de la finance.


Concernant la brûlante question des sans-papiers, l’AG estime que la lutte pour la régularisation des salariés sans-papiers est une étape, et non une fin en soi : elle ne doit pas faire oublier l’objectif final de la régularisation de tous les sans-papiers.


Soucieux de défendre les outils de regroupement et de défense des travailleurs face aux agissements du capital que sont les syndicats, les militants rassemblés à Douai estiment indispensable que se développe la coordination des actions de défense du syndicalisme de classe. C'est pourquoi, outre la création de leur propre Comité Régional pour un Front Syndical de Classe, ils en appellent à la formation de comités similaires dans d'autres départements et régions, puis à la réunion d'un Comité National, si possible fin 2008 ou début 2009.


Les participants estiment également nécessaire d’articuler la lutte pour les conquêtes sociales dans le cadre national, menacées par l’intégration supranationale européenne, et l’indispensable action internationaliste, qui suppose de nouer des contacts avec la Fédération Syndicale Mondiale (FSM), qui regroupe les syndicats sur des bases de classe.


Enfin, l’AG appelle à participer à la grève et aux manifestations du 7 octobre, non sur le mot d’ordre minimaliste choisi par la CSI (« pour un travail décent » !), mais sur des mots d’ordre combatifs et anticapitalistes.

Publié dans LUTTES-ACTUALITES

Commenter cet article